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Dennis Adams - [ Translate this page in English ]
DENNIS ADAMS "SMOKE AND MIRRORS"
DU 2 JUIN AU 14 JUILLET 2007
"Vous connaissez la vieille histoire du caméléon. Vous le posez sur du vert, il devient vert. Sur du noir, il tourne au noir. Sur un plais écossais, il explose."
Jean Seberg
La galerie Gabrielle Maubrie présente deux oeuvres nouvelles de Dennis Adams qui jouent sur les ruptures entre les rôles à l'écran de Jean Seberg et les intrigues politique de la vie réelle. Dans Blackface, Adams a imprimé à leurs dimensions originales sur des miroirs 30 documents déclassifiés extraits du dossier du FBI sur Jean Seberg. Le contenu de ces documents montre que le FBI suivait les liens politiques, financiers et sexuels de l'actrice avec les Black Panthers et la campagne de dénigrement organisée par le directeur du FBI, J. Edgar Hoover et des médias pour la détruire. Ces documents sont graphiquement chargés à la fois de marques d'effacement de l'information censurée et de traces de reproduction générées par les multiples photocopies qui en étaient tirés lorsqu'ils passaient entre les divers services de l'agence. En réimprimant ces documents sur des miroirs, Adams mêle leurs strates graphiques au reflet du spectateur.
Dans Curtain Call, Adams prend un extrait de A bout de souffle de Jean-Luc Godard (passé au ralenti) qui montre Jean Seberg ouvrant des rideaux et prenant sa jupe pour jeter par la fenêtre. Adams insère un graffiti sur le mur extérieur sous la fenêtre que la jupe de Seberg gonflée par l'air masque en partie dans sa chute. L'inscription dit "Ils voient nos femmes, on voit pas les leurs." Cette attaque raciste était une expression utilisée dans les rues par les Pieds Noirs pendant la guerre d'indépendance de l'Algérie. D'un côté, Adams compacte deux scènes distinctes de l'histoire de France, uniquement reliées par la période à laquelle elles se déroulent, et de l'autre crée un rôle de fiction pour Seberg, suggérant ses implications politiques personnelles dans la vie réelle.
Née et élevée à Marshalltown, Iowa, Jean Seberg, n'avait que 17 ans en 1955 quand elle fut choisie parmi des milliers de jeunes actrices par le réalisateur Otto Preminger pour interpréter le rôle de Jeanne d'Arc dans la version filmée de la Saint Joan de George Bernard Shaw. Dans son film suivant, Bonjour Tristesse, également dirigé par Preminger, son rôle de d'adolescente gâtée qui passe ses vacances avec son play-boy de père sur la Côte-d'Azur donna envie au jeune Godard de l'inviter à jouer avec Jean-Paul Belmondo dans le film de la Nouvelle vague qui fit sensation À bout de souffle en 1959. Seberg joua par la suite dans 34 films dont La Souris qui rugissait, Lilith, Paint your Wagon et Airport. Son empathie et sa relation sexuelle avec Hakim Abdullah Jamal, membre charismatique au mouvement des Black Panthers, ainsi que le soutien financier qu'elle apporta à ce parti conduisit le FBI en 1969 &Mac246; surveiller ses activités. En 1970, pour salir sa réputation, l'agence Los Angeles Times disant qu'elle attendait un enfant d'un "influent Black Panther". Seberg et Romain Gary, époux de Jean à l'époque, affirmèrent tous deux que Gary était le père de l'enfant qui, né prématurément, mourut deux jours après sa naissance. L'actrice attribua cette mort au stress que la rumeur avait provoquée pendant qu'elle était enceinte. Elle ne se remit jamais sur le plan émotionnel et, au cours des années suivantes, devint de plus en plus dépendante de l'alcool et de divers médicaments. Le 9 septembre 1979, elle fut découverte morte dans sa voiture garée dans une rue de la banlieue parisienne. L'autopsie révéla qu'elle avait pris une quantité excessive de barbituriques et d'alcool. Après de longues investigations, la mort fut qualifiée de suicide par la police parisienne.
L'artiste tient à rendre hommage au travail pionnier de Margia Kramer qui, la première, reproduisit les dossiers déclassifiés sur Jean Seberg en 1979, accessibles dans le cadre de la loi sur la liberté de l'information (United states "Freedom of Information Act."
